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Pauvre Meuse !

A l’issue de la réunion de la CDCI (1), je dois vous avouer que je ne pensais pas écrire cet article. J’avais imaginé pas mal de scénarios mais pas celui-là. Replaçons cette réunion dans son contexte. Le schéma initial regroupant les codecoms de Charny, Verdun, Val de Meuse et Voie Sacrée a été rejeté par les communautés de communes du Val de Meuse (autour de Dieue), et Voie Sacrée (autour de Souilly).

Depuis quelques semaines, un plan B était à l’étude. Un plan B pour essayer de créer cette agglomération, véritable outil de développement économique et social pour un territoire. Ce plan B pouvait être proposé au travers d’un amendement lors de cette réunion de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale.

Au final, deux amendements ont été déposés. Le premier par Arsène Lux, le Maire de Verdun proposant un regroupement des codecoms de Charny et Verdun. Le deuxième par Marie-Claude Thil, soutenue par le groupe des 12. La différence entre les deux résidait sur le périmètre et la gouvernance. Nous proposions d’y adjoindre les communes de Belleray/Dugny assortie d'une gouvernance équilibrée entre le rural et l’urbain. Ce dernier point était essentiel pour que les communes de la Codecom de Charny acceptent. En effet, lors du dernier bureau de la Codecom, les élus ont fait part de leur volonté de créer une agglomération au 1er janvier 2014 sous condition d'un accord local (représentativité). Tous sauf le maire de Belleville et la Présidente de la Codecom de Charny. Ils se disent favorables à la Communauté d’Agglo, mais pas au 1er janvier 2014. Excusée à la CDCI, la Présidente de la Codecom de Charny, par la voix du Président du «club» des Présidents des codecoms de Meuse a fait lire un courrier signifiant son opposition. Ce courrier a pesé lourdement dans les votes qui ont suivi.

Comme le veut le règlement de la CDCI, les deux amendements ont fait l’objet d’un vote séparé. L’amendement du Maire de Verdun a été rejeté largement avec seulement 9 voix favorables sur la quarantaine de votants (avec les pouvoirs). C’était prévisible. Ce qui l’était moins est le rejet du deuxième pour une voix manquante. La messe était dite ou presque. Suspension de séance… Il était possible de proposer un nouvel amendement en séance, mais avec un schéma (périmètre) différent. Dans une salle adjacente, des discussions ont eu lieu pour identifier ce pourrait qui faire évoluer les opposants. Il en est ressorti que la représentativité était le point de blocage, bref qu’il fallait que le maire de Verdun accepte un accord local, ce qu’il refusait jusqu’à présent. Et il a accepté. A partir du moment où les territoires concernés étaient d’accord, qui pouvait s’opposer à la création de l’agglo autour de Verdun ? Refusé également ! A la sortie, certains jubilaient en silence tout en rasant les murs. D’autres se justifiaient avec des arguments alambiqués. Bref ils ont suivi les consignes…

Ces votes ont eu lieu à bulletin secret, donc ont ne peut pas dire qui a voté quoi, même si on le sait précisément… Mais une chose est certaine, les membres de la CDCI directement concernés par cette fusion (Charny et Verdun) ont voté (au moins à 80 %) pour cet amendement. L’avenir du verdunois a donc été décidé par ceux qui n’y vivent pas, sur l’autel de règlements de compte et de calculs politiques pour les prochaines municipales. Affligeant ! Mais c’est bien connu, les politiques sont bien plus préoccupés par les prochaines élections, que les prochaines générations. Ils ont peut-être gagné, mais c'est la Meuse et le Nord-Meusien qui ont perdu.

(1) c'est quoi une CDCI cliquez ici

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